Ecole de la République et nouvelle société

Dans notre pays : la France ; la République avait décidé d’offrir à tous ses enfants une éducation qui leur permettrait de s’épanouir et grandir dans la société. Pour cela, elle avait donné  mission à son Ecole de les instruire et les éduquer afin que chacun puisse avoir sa chance. L’essor économique d’après guerre a favorisé cette vision. Jusque  dans les années 70, ce moule fonctionna assez bien. Mais voilà que le pays, après avoir vécu une crise sociétale importante, est tombé dans une crise économique sans précédent, qui continue de nos jours.
Or notre société a bien changé, les facilités de circulation des populations ont également ouvert notre pays à de nouveaux habitants, de nouvelles façons de vivre, de penser. Les enseignants ont été les premiers à s’en apercevoir.
Bien sûr, en cette période de « consensus national » cela fait un peu « tache » de revenir sur le passé mais sans cela, comment comprendre où nous en sommes et pourquoi ?

C’était ringard d’expliquer : que lorsque l’un d’entre nous revenait de l’école en se plaignant d’avoir été puni par son maître, se voyait immédiatement sermonné par les parents et parfois même récoltait une sanction supplémentaire. Cela faisait « raciste » de dire que nous avions des problèmes avec certaines interprétations de nos valeurs…
Alors dans cette modification profonde de la perception des règles, des évènements, des attitudes et des mots ; dans cette société bloquée, morcelée où chacun veut se vivre au singulier et obtenir son dû, les devoirs sont passés à la trappe.
Or, si nous voulons conserver nos droits, il devient urgentissime de revenir aux devoirs.
J’en vois essentiellement quatre :
Devoirs des adultes : Dans une société complexe, où tout change  vite, trop vite, nos jeunes ont besoin de valeurs et de règles stables sur lesquelles ils pourront se construire.  Il faut donc que chaque adulte soit conscient du rôle qu’il joue dans l’éducation des jeunes soit par son attitude, ses actes, soit par ses paroles. Cela va de la famille, aux personnalités des mondes sportif,  du spectacle, de la culture, de la politique, en passant par ceux de l’entreprise et des associations, sans oublier l’Ecole  (j’y reviendrai plus loin…). Tous ces adultes ont pour devoir de montrer comment une société peut et doit fonctionner mais aussi de donner aux jeunes, leur chance. Il faut leur permettre de s’approprier les règles, de participer, de s’insérer, de trouver leur place même si l’on sait qu’un monde parfait est utopique.
Devoirs de l’Ecole : ils sont de deux types.
    1. Devoirs des enseignants : l’enseignant doit reconquérir la place qu’il a perdue dans le processus d’apprentissage c’est à dire d’appropriation des savoirs, des « savoir faire » et « savoir être » qui forment un jeune. L’enseignant doit transmettre des valeurs qui passent par les définitions de concepts tels que : citoyenneté, nation, Loi, notre devise nationale « Liberté/Egalité/Fraternité… mais aussi par une pédagogie qui laisse toute leur place à l’échange, le débat d’idées, le respect des autres, du vivre ensemble… ainsi qu’un enseignement qui fait appel à l’histoire, la sociologie, l’actualité en n’oubliant pas  l’essentiel : c’est à dire l’apprentissage du français (car il faut que chacun puisse exprimer  ses pensées par des mots et que tout le monde s’accorde sur le sens même de ces mots).
    2. Devoirs de l’Institution : tout d’abord, elle a le devoir de soutenir les personnels qui peuvent se trouver confrontés à des situations de conflit, d’incivisme, d’agression… Elle doit faire respecter les valeurs de la République et la Loi. Elle doit également soutenir et développer le travail déjà commencé par certains, sur le terrain, en proposant à tous des formations complètes sur l’aide à la résolution des conflits et l’enseignement du fait religieux par exemple.
    3. Devoirs des élèves : Comprendre que l’Ecole est la plus grande chance qui leur est donnée de pouvoir s’insérer dans la société et s’y épanouir. Il leur faut donc respecter cette institution, ses règles, ses personnels ainsi que leurs propres camarades.
Voici quelques réflexions qui, il y a quelques temps, seraient passées pour rétrogrades voire un peu « facho » les évènements de ces derniers jours font prendre conscience à beaucoup que ce n’est pas le cas et qu’il faudra beaucoup plus que des discours ou des intentions, il faudra des actes concrets et dans des délais très courts.
Des syndicats avaient soulevé cette problématique depuis longtemps, le Scenrac s’associe, ici, à leur démarche et s’intégrera dans tout processus qui permettra la promotion, par l’éducation, de valeur communes pour une société plus juste et d’avantage positive à l’avenir.
Gérard OLIVIER

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