Enseignant un métier de « privilégiés » en France ?

Si l’on en croit le discours à la mode dans certains milieux, les enseignants seraient une catégorie socio professionnelle protégée et privilégiée. En effet, ceux-ci ne travailleraient que 18.00 heures/semaine, profiteraient de longs mois de vacances dont deux mois pendant l’été, ils seraient absents (ou malades) pour un oui ou un non et pour un salaire confortable. De plus, ils ne sont pas soumis à la peur du chômage.

Quel tableau idyllique que celui-là, permettant de justifier qu’il y a trop d’enseignants, trop bien payés et qui ne travaillent pas suffisamment alors que le reste de la société trime et n’est pas aussi bien loti.

De quoi justifier une hypothétique baisse des déficits publics en France, par la suppression de postes de fonctionnaires et notamment d’enseignants.

Mais la réalité est bien différente si l’on compare le statut d’un enseignant français à celui de ses collègues européens, des disparités apparaissent et ne sont pas à l’avantage des premiers, nous n’en relèverons que quelques exemples :

  • Un salaire moyen (à peu près identique partout, en début de carrière) d’environ 30.000 $ Mais au bout de quinze années d’exercice les disparités apparaissent de façon frappante, en moyenne 40.500 $ en Europe (dont 65.000 $ en Allemagne…) contre 30 000 $ en France.
  • Pire, dans le second degré les salaires ont baissé entre les années 2000 et 2012, d’environ 10 % contre une augmentation moyenne de 11% dans le reste de l’OCDE *( en € constants base 100 =2005 )

En ce qui concerne le temps de travail, là aussi la désinformation est présente. En 2010 le temps moyen hebdomadaire de travail pour un enseignant du second degré, dans le service public était de 41.00 h 16 mn.

Il se décomposait de la manière suivante :

  • 20.00 h passées avec les élèves (dont 19.00 h d’enseignement).
  • 8.00 h de préparation de cours.
  • 6.00 h de corrections.
  • 2.00 h de documentation et recherches personnelles.
  • 5.00 h d’autres tâches (rencontres parents/profs, travail en équipe en établissement…).

(Sources : OCDE, Alternatives Economiques.)

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